Jardin de la Butte au Chapeau rouge

Square de la Butte du Chapeau Rouge

Ce square, inauguré en mai 1939 par le conseiller municipal Gaston Pinot, porte le nom de la butte sur laquelle il est situé et qui aurait été baptisée ainsi à cause de l'enseigne d'une guinguette installée jadis en ces lieux, hypothèse qui reste cependant contestable. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que la butte du Chapeau-Rouge faisait partie de la commune du Pré-Saint-Gervais. Elle en fut retranchée au moment de la construction des fortifications à la fin de la première moitié du 19e siècle.

Les fortifications de monsieur Thiers

Au début du siècle, on pouvait voir encore ici une partie des 33 kilomètres de fortifications érigées autour de la capitale par le gouvernement Thiers.

Ce dernier envisagea, en effet, dès 1840, la création d'une enceinte qui devait rendre le siège de Paris impossible. L'année suivante, il défendit le projet à la Chambre, soulevant de nombreuses protestations parmi lesquelles celles de Lamartine. Néanmoins les crédits furent votés. Les fortifications achevées en 1845 comprenaient :un parapet de 6 mètres d'épaisseur, un mur d'escarpe de 3,50 mètres sur 10 mètres de haut protégé par un fossé de 15 mètres de large sur 8 mètres de profondeur. Elles comprenaient, en outre, 94 bastions, 17 portes, 23 barrières, 12poternes, et étaient appuyées par 16 forts disséminés dans les environs de Paris.

La guerre de 1870 enleva toute crédibilité à la valeur défensive de cet énorme ouvrage qui devint par la suite un véritable obstacle à la croissance de l'agglomération parisienne.

Les rassemblements pour la paix

Avant la Première Guerre mondiale, la butte du Chapeau-Rouge fut le théâtre de nombreuses manifestations populaires pacifistes. C'est là que le 25 mai 1913, devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, Jean Jaurès prit la parole : "Nous avons un problème formidable à résoudre : formidable car il faut lutter contre la guerre sans exposer l'indépendance des nations."

Quelques mois plus tard, le 31 juillet 1914, il était assassiné et la guerre éclatait.

Lorsqu'en 1919 les "fortifs" ont été démolies, d'importants terrains s'en trouvèrent dégagés et déclarés zone "non aedificandi" : la Ville de Paris souhaitait remplacer l'enceinte militaire par une ceinture verte ininterrompue, mais les crises successives de logement l'amenèrent à entreprendre une vaste opération immobilière. De 1925 à 1935, d'énormes blocs d'immeubles furent élevés autour de Paris. A cette époque, la butte du Chapeau Rouge faillit être rasée. A cause de la vue qu'elle offrait et du souvenir de ses grands rassemblements populaires en faveur de la paix, elle fut épargnée pour être transformée, quelques années après, en un square.

Un jardin au charme désuet

Le square de la Butte du Chapeau-Rouge est un jardin de style 1930. Inauguré en 1939, il est l'oeuvre de l'architecte Léon AZEMA. Le square offre une vue remarquable sur les communes de Pantin et du Pré-Saint-Gervais.

Il possède un charme désuet et il est peu fréquenté, ce qui en fait un lieu de promenade très agréable. Il est orné du côté du boulevard d'Algérie d'une fontaine monumentale surmontée d'une "Eve" sculptée par Raymond Couvègnes en 1938 et, au centre, d'un groupe de "Deux femmes avec enfant", oeuvre de Pierre Traverse (1938).

Agrémenté de pelouses, de massifs de plantes vivaces et de plantes de terre de bruyère, de haies de rhododendrons et de décorations florales, il est traversé par de nombreux escaliers et possède deux abris et un chalet de nécessité typiques du style des années 1930.

(texte de présentation de la Mairie de Paris)